Le récit de Suzane

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Poursuivant sur le thème de ‘dans leurs propres mots’, une des filles qui se loge actuellement dans le centre de transit a écrit un récit de sa propre vie et ses espoirs pour un avenir meilleur. *Les noms et les données personnelles ont été changés pour protéger L’enfant.   Salut, je m’appelle Suzane et j’ai 14 ans. Je n’ai jamais eu un père. Ma mère ne s’est jamais mariée et je n’ai jamais connu mon père. J’ai des demi-frères et des demi-sœurs maternelles mais ils habitent tous avec leurs pères, alors je vivais toute seule chez ma mère. Lorsque j’avais six ans, ma mère est devenue malade. Les voisins m’ont dit que c’est le VIH et ils nous en voulaient pour cela). De temps en temps ils tabassaient ma mère. J’ai arrêté d’aller à l’école en 3ème afin d’être vendeuse au marché parce que ma mère ne pouvait plus travailler. Lorsque ma mère est décédée, ma grand-mère m’a dit que c’était a cause de moi, parce que je suis une sorcière. Je n’avais aucune autre option et donc, je me suis retrouvé dans la rue. Un jour, je pleurais tout en trainant au marché et des filles, aussi de la rue, m’ont demandé ce qui s’est passé. Elles m’ont promis de me protéger. Elles m’ont parlée de Kimbilio, mais le centre se trouvait très loin et il faisait tard dans la nuit. Cette nuit-la on dormait au-dessous d’un arbre et on s’est réveillé lorsqu’il faisait toujours nuit. On marchait des heures jusqu’à ce qu’on a trouvé le Centre Kimbilio. La femme du Pasteur nous a donné du savon et des habits propres. On s’est lavé, on a mangé et on a joué. Depuis ce jour-là, chaque jour j’allais au centre Kimbilio. Pour me loger, je me déplaçais souvent à une ville voisine où une amie avait une chambre où on pouvait dormir en sécurité. Il y a deux semaines, un des encadreurs de Kimbilio et le Pasteur nous ont localise là-bas et nous ont amené au Centre Transit des Filles de Kimbilio. Maintenant, au Centre Transit, on nous apprend à lire et écrire. Ça me fait vraiment du bien d’apprendre à écrire et lire, parce qu’un jour je voudrais écrire mon autobiographie. Je veux communiquer aux gens la réalité dure de la vie dans la rue et je veux changer la piètre opinion qu’ils ont des enfants de la rue. Je veux déclarer au public qu’on n’est pas des sorcières, des voleurs ou des chiens clochards. Nous sommes des enfants, pareils aux autres, et la seule chose dont on a vraiment besoin est l’amour. J’espère un jour de raconter cet histoire dans les écoles, les églises et à mes propres enfants. Je rêve d’avoir, un jour, un mari sympathique et des enfants à moi-même.

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